L'ATCR (Association Transfrontalière des Communes Riveraines
de l'Aéroport) a communiqué ses observations à
la Commission fédérale de recours en matière
et d'environnement (CRINEN) le 31 mars 2008, au sujet des rapports
soumis à l'Office fédéral de l'aviation civile
(OFAC) par l'Aéroport International de Genève (AIG).
Faisant suite au recours formulé par les communes lors de la
procédure d'approbation du Règlement d'exploitation
de l'AIG, la CRINEN a exigé que l'OFAC rende une nouvelle décision
sur un certain nombre de points contestés dudit règlement
d'exploitation.
L'AIG a ainsi produit des études complémentaires visant
à évaleur les impacts socioéconomiques de différentes
mesures destinées à diminuer les nuisances du trafic
nocturne (22h00 - 6h00), soit : le plafonnement du nombre de vols
nocturnes, la faisabilité d'une extension d'un couvre-feu nocturne
aux périodes 22h00-23h00 et 23h00-24h00 ainsi qu'à la
tranche 06h00-07h00. En outre, l'AIG devait étudier une extension
des heures de fermeture de l'aéroport entre 22h00 et 08h00
les samedis et dimanches.
Contrairement à la demande de la CRINEN de déterminer
globalement les conséquences socioéconomiques du trafic
aérien, les experts mandatés par l'AIG se sont limités
à analyser les conséquences économiques et financières,
sans étudier la partie « sociale », en particulier
les conséquences sur la santé et le bien-être,
notamment le sommeil régulièrement perturbé pour
des dizaines de milliers de personnes. Ainsi, alors que les «
pertes » pour l'économie régionale sont chiffrées
en millions, les coûts supportés par les individus et
les collectivités publiques ne sont absolument pas documentés.
Les rapports présentent ainsi une analyse fortement déséquilibrée
et tendancieuse que les communes et l'ATCR contestent.
Les chiffres sont pourtant inquiétants : le trafic nocturne
augmente de manière importante et continue. A titre d'exemple,
par rapport à 2006, le trafic nocturne a augmenté en
2007 de 27,3 % alors que le trafic global n'a augmenté «
que » de 8,6%. Cette augmentation des vols de nuit provient
d'une part de la volonté des compagnies aériennes, pour
des questions de pure rentabilité, de réaliser une quatrième
rotation quotidienne. D'autre part, une grande partie des vols sont
programmés tôt le matin et tard le soir afin de permettre
aux passagers de rejoindre les « hubs » européens.
L'analyse faite par l'ATCR relève de nombreuses lacunes dans
les rapports des experts, notamment :
- L'évaluation économique omet de prendre en compte
la diminution de valeur des biens immobiliers alors même que
le Tribunal fédéral a développé une jurisprudence
précise sur cette question.
- Aucun détail n'est donné sur le projet de surtaxes
de l'AIG pour les vols nocturnes alors que son prix doit être
fixé de manière à avoir un réel effet
dissuasif.
- La question particulière du repos du week-end n'a pas été
sérieusement examinée. En effet, une grande partie de
l'argumentation est fondée sur la nécessité pour
Genève de permettre des vols d'affaires aller-retour dans la
journée. Ces arguments ne sont pas pertinents les week-ends.
Au vu de ce qui précède, l'ATCR sollicite de l'OFAC
qu'elle exige de nombreux compléments aux études présenteées
:
- Des compléments portant scientifiquement et sérieusement
sur les aspects sociologiques et de la santé, notamment en
termes de gains réalisables et quantifiés, opposables
aux coûts des mesures de réduction du bruit nocturne
pour atteindre le respect de la loi.
- Une étude d'impact sur la santé au sens de la loi
genevoise sur la santé, voire des normes et directives européennes
applicables.
- Des données de trafic réactualisés, la réalité
postérieure à l'étude d'impatct ayant largement
dépassé les prévisions.
- Une évaluation sérieuse des coûts tels que ceux
des changements de zone constructible en zone non constructible, ainsi
que sur la baisse de la valeur des terrains.
- Un projet concret de surtaxe bruit à caractère incitatif
permettant une réduction du trafic nocturne à des niveaux
respectant le cadre légal.
En conclusion, il est rapellé que l'ATCR ainsi que les communes
qui ont recouru contre le règlement d'exploitation de l'AIG
ne combattent pas l'aéroport dont l'importance pour l'économie
régionale est reconnue, mais demandent simplement que toutes
les mesures soient prises pour protéger la santé des
populations conformément aux exigences légales.
La décision de la CRINEN peut être téléchargée
sous : www.reko-inum.admin.ch
(référence Z-2001-79)
La prise de position complète de l'ATCR-AIG peut être
téléchargée sous : www.atcr-aig.com
Observations de l'ATCR: à
télécharger en PDF (1.4 Mb)
Annexes aux observations : à
télécharger en PDF (3.3 Mb)
Présentation de M. Nicola Cantoreggi, conseiller scientifique au GRES - UNIGE, lors de l’Assemblée Générale du 24 juin 2009 sur les relations entre bruit et santé : “Le bruit, cet ennemi sournois de la santé” : à télécharger en PDF (1.59 Mb)