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26 février 2019

L’avion, oiseau de malheur pour le climat

Pointé du doigt par de nombreux jeunes qui veulent lui préférer le train, le transport aérien est responsable de 10 % des émissions de gaz à effet de serre de la Suisse. Mais est-il le plus polluant ?


Depuis plusieurs semaines, les jeunes se mobilisent face à l’urgence climatique. Après le 18 janvier et le 2 février, ils manifesteront à nouveau le 15 mars prochain pour faire part de leurs inquiétudes et demander des mesures plus radicales. Dans le sillage de ces grèves pour le climat, ils foisonnent d’idées pour diminuer leur empreinte carbone, avec en ligne de mire notamment le transport aérien. A Fribourg, cinq étudiants ont, par exemple, lancé une initiative pour interdire les déplacements en avion dans le cadre de leurs voyages d’études. A Bâle, un gymnase vient d’entériner cette mesure. Mais, diabolisé, le transport aérien est-il réellement le plus polluant ?

 

Selon les statistiques de l’Office fédéral de l’environnement, près de 40 % des émissions de gaz à effets de serre de la Suisse proviennent des différents moyens de transport. Avec plus de 11 millions de tonnes de CO2 émises par année (22 % des émissions totales de notre pays), la palme revient aux voitures de tourisme. L’avion, avec ses 5,3 millions de tonnes de CO2 par an (10 % des émissions totales), arrive en deuxième position.

 

L’avion en concurrence avec la voiture

 

« Si nous comparons les émissions totales des différents types de transport, il n’est pas étonnant que la voiture arrive en première position, puisque nous l’utilisons beaucoup plus fréquemment que l’avion », souligne Sébastien Humbert, expert en bilan écologique chez Quantis, basée à l’EPFL. Il faut dire qu’en Suisse, plus de 4,5 millions de voitures de tourisme étaient recensées en 2017. Mais la comparaison entre l’avion et l’automobile n’a pas beaucoup de sens, puisqu’ils sont en concurrence pour obtenir le prix du moyen de transport le plus polluant : « Si vous êtes seul dans une voiture, alors l’avion sera plus écologique. Mais dès que vous êtes deux dans l’auto, le rapport de force s’inverse », explique Kathrin Dellantonio, porte-parole de la fondation de protection du climat Myclimate.

 

En moyenne, un avion émet entre 200 et 400 grammes de CO2 par passager et par kilomètre. Selon le modèle de l’avion, plus ou moins récent, mais aussi la classe dans laquelle nous voyageons – la classe affaires est plus polluante, car elle permet de transporter moins de personnes – notre empreinte carbone évolue. Pour la voiture, les émissions de CO2 se situent entre 100 et 300 grammes par passager-kilomètre. Ces chiffres sont sans commune mesure avec ceux du train, qui dépassent à peine les 10 grammes de dioxyde de carbone.

 

Rien de mieux que le train

 

« Au niveau scientifique, il n’y a pas de discussion. Chaque analyse supplémentaire est en faveur du train », affirme Sébastien Humbert. Les effets marginaux sont notamment favorables au rail. Dans un pays comme la Suisse, qui connaît les horaires cadencés, les trains circulent, qu’ils soient remplis ou non. Le taux d’occupation moyen de 28 % en est la preuve. « Bien qu’à certaines heures précises la demande puisse être forte, beaucoup de déplacements – tels les départs pour les voyages d’études – peuvent se faire en dehors de ces heures, ce qui ne change quasiment rien à l’impact écologique du rail », précise l’expert.

 

Pour le trafic aérien, il en va tout autrement. La demande influence l’offre. Pour répondre aux envies des clients pour certaines destinations, les compagnies n’ont d’autres choix que d’augmenter le nombre de vols. Cela se ressent dans l’évolution des émissions de gaz à effet de serre des différents moyens de transport. Depuis 1990, les émissions liées au transport aérien ont augmenté de près de 60 % en Suisse, alors que celles des voitures ont progressé de moins de 5% et que le CO2 émis par le train est resté stable. « Les émissions des vols augmentent très rapidement parce que de plus en plus de gens prennent l’avion. Les Suisses, en particulier, sont des voyageurs fréquents », souligne Kathrin Dellantonio.

 

« On peut faire un effort »

 

Mais tout n’est pas désespérant. Sébastien Humbert trouve même du positif dans ces chiffres élevés pour l’aviation. « C’est à ce niveau-là que l’on peut faire un effort », se réjouit-il. En privilégiant, de temps en temps, le train, il est possible de réduire drastiquement la part des transports dans son empreinte carbone.

 

Prenons l’exemple d’un aller simple Genève-Paris. Si vous faites le trajet en avion, vos émissions de CO2 s’élèveront à 135 kilos, selon un calcul de Myclimate. En revanche, si vous privilégiez le train, ces mêmes émissions seront près de vingt fois inférieures, avec 6,9 kilos. Si la différence de temps est de quelques heures, l’économie de CO2, elle, se compte en dizaines de kilos. « Au niveau du bénéfice par heure pour l’environnement, on ne peut pas faire mieux, assure Sébastien Humbert. Pour une personne, cela équivaut au recyclage des bouteilles en PET achetées durant dix ans. »

L’expert en bilan écologique conseille donc à tout un chacun de faire l’effort, une fois dans l’année, de prendre le train en lieu et place de l’avion : « Si la différence, porte à porte, n’est que de quelques heures, le jeu en vaut la chandelle. »

 

Les sorties scolaires en avion font débat

 

Plusieurs communes romandes ont banni les voyages scolaires en avion. Les cantons de Vaud et Fribourg se penchent à leur tour sur la question.

 

L’Université de Bâle prévoit, dès l’automne 2019, d’interdire aux élèves de prendre l’avion pour les voyages officiels dont la destination se situe à moins de 1000 kilomètres. Sensibles à leur bilan carbone, d’autres grandes écoles suisses telles que l’EPFL et l’Université de Genève songent à faire de même. Le mois dernier, l’Université de Neuchâtel a opté pour une méthode moins contraignante : les collaborateurs devront payer une taxe pour chaque billet d’avion acheté.

 

Si ces mesures ont eu un grand retentissement médiatique, ce n’est pas le cas de celles prises par les communes vaudoises de Renens, Mont-sur-Lausanne, Morrens, Bretigny-sur-Morrens, Cugy et Froideville, qui ont décidé de ne plus financer les voyages en avion des élèves du secondaire. Une initiative en faveur du climat mais aussi à des fins pédagogiques, explique Philippe Somsky, municipal au Mont-sur-Lausanne. « Il s’agit d’apprendre aux jeunes à connaître leur propre pays avant de voyager à l’étranger. Il ne faut pas encourager le tourisme de masse et la consommation à outrance. De plus, le secteur aérien connaît des conflits sociaux et de sous-enchère salariale. Ce n’est pas l’exemple que nous voulons donner », expose-t-il. Influencée positivement par ses communes voisines, la municipalité de Lausanne est actuellement en discussion avec les directeurs des écoles de la ville pour mettre en place d’éventuelles réglementations, indique le municipal David Payot.

 

Bonus écologique

 

Du côté du Valais, des mesures existent déjà depuis plusieurs années pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre des établissements scolaires. Le Lycée-Collège des Creusets, à Sion, a mis en place le principe du bonus écologique. « Les classes qui choisissent de se déplacer en train ont droit à un jour supplémentaire de sortie scolaire », explique Yves Fournier, responsable du secondaire II général en Valais.

 

Laisser les élèves décider de leur propre mobilité, c’est également le mode de fonctionnement des établissements jurassiens et neuchâtelois. « Certains lycées ont choisi de se déplacer en train, d’autres en sont au stade de la discussion. Il n’y a pas de directive au niveau cantonal pour le moment. Cela a pour avantage de créer le débat et de responsabiliser les jeunes », exprime Laurent Feuz, chef du Service des formations post obligatoires et de l’orientation de Neuchâtel.

 

Les cantons vont se prononcer

 

Désireuse d’homogénéiser la réglementation au niveau cantonal, la députée verte Christa Mutter a interpellé le Grand Conseil fribourgeois sur la question. Une réponse sera formulée ces prochains jours. Même scénario dans le canton de Vaud, où les députés Vincent Keller (Parti ouvrier populaire) et Maurice Mischler (Les Verts) ont déposé un postulat demandant d’étudier l’opportunité de ne plus subventionner les voyages en avion, voire de les supprimer. « A titre personnel, je n’accompagne déjà plus les classes qui choisissent ce type de mobilité, indique Maurice Mischler, lui-même enseignant. A l’heure où de nombreux jeunes se mobilisent dans la rue pour le climat, il faut savoir se positionner. »

 

Urgence climatique ou non, Sion développera son aéroport

 

Les autorités veulent multiplier par cinq la fréquentation de l’infrastructure sédunoise. Les revendications des jeunes pour le climat ne modifieront pas la stratégie, dont un des piliers vise à diminuer l’empreinte carbone de l’aviation

 

Quintupler la fréquentation de l’aéroport de Sion, pour atteindre les 200 000 passagers par année. Les autorités valaisannes et sédunoises ont de grandes ambitions pour l’infrastructure de la capitale du canton. Dévoilé début octobre 2018, le plan de développement se retrouve confronté aux revendications des jeunes pour le climat, qui pointent notamment du doigt le trafic aérien.

 

Atterrir au plus proche de la destination de vacances

 

Pour atteindre l’objectif fixé, l’aéroport de Sion mise sur plusieurs piliers. Le premier, c’est l’aviation d’affaires, qui représente déjà la majorité de l’activité du tarmac. « Cette facette de l’aviation n’est pas vraiment touchée par les revendications », souligne Philippe Varone, le président de la ville. Ce sont en effet les vols commerciaux, quasiment inexistants aujourd’hui à Sion, qui pourraient souffrir de l’urgence climatique.

 

Philippe Varone n’est pas forcément inquiet pour le développement de ce deuxième pilier. « De nombreuses personnes ne peuvent voyager autrement qu’en avion, pour des questions financières ou de temps. Autant les amener au plus proche de leur destination de vacances, en l’occurrence les Alpes valaisannes, et ainsi diminuer le transfert vers d’autres modes de transport », souligne-t-il.

 

Si l’urgence climatique ne freinera pas le développement de l’aéroport de Sion, les autorités ne l’ont pour autant pas écartée de leurs préoccupations. « Nous voulons aider, avec de la matière grise, à trouver des solutions techniques pour minimiser l’empreinte carbone de l’aviation », explique Philippe Varone. Il imagine volontiers le tarmac sédunois comme un laboratoire pour l’aviation de demain. L’implantation de la société H55 en est le premier signe. Présidée par André Borschberg, l’un des deux pilotes de Solar Impulse, elle souhaite faire passer les avions à l’ère électrique.

 

(Le Temps, 26 février 2019, Grégoire Baur et Lila Erard)


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